Napoleons laatste levensjaren

Titel
Napoleons laatste levensjaren

Jaar
1916

Pagina's
374



NAPOLEON'S LAATSTE LEVENSJAREN 247

—    Trés bien! Maïs si votre père me regarde comme une si grande curiosité, s’il a un tel désir de me voir, que ne vient-il pas a Sainte-Hélène ?

Cette question m’embarrassa un peu. Etait-elle sérieuse ou ironique? Je hasardai: Mon père a trop d’occupations pour pou-voir quitter son pays.

—    Exerce-t’il donc des fonctions publiques?

—    Aucunes fonctions officielles. Mais il est président de la Société royale d’Édimbourg. C’est un honneur qui prend beaucoup de temps ... Napoléon parut se livrer a un calcul mental et remar-qua: „Votre père doit, je pense, être mon aïné de neuf ou dix ans... au moins de neuf.. . plutót de dix. De combien exactement?

—    De dix ans, répondis-je.

II se mit a rire, pirouetta sur un talon et hocha plusieurs fois la tête. Je n’osai lui demander ce qui le récréait si fort. C’était sans doute de trouver son calcul si juste.

Ses idéés changeant de cours, il commenpa de m’interroger sur le voyage que je venais d’accomplir dans les mers orientales.

Les multiples occasions que son rang lui avait données de s’instruire, et sa vaste mémoire, rendaient bien difficile de lui apprendre quelque chose de nouveau. Aussi m’estimai-je heureux d’aborder un sujet qui pouvait faire sortir notre conversation des banalités ordinaires aux audiences. On a souvent dit que Napoléon portait un intérêt tout spécial a 1’Orient. Cela me fut démontré par 1’avidité avec laquelle il accueillit mes informations sur 1’Empire du Milieu, la Corée et Lou Tchou.

Mais on a prétendu, d’autre part, que ses connaissances géographiques laissaient a désirer, touchant les contrées lointaines. Je fus donc surpris de le trouver trés exactement renseigné sur la position des pays riverains des mers de Chine ...

A 1’exception de son mouvement de méprisante incrédulité lorsque je lui appris que les habitants de Lou-Tchou ignoraient la guerre et les engins de destruction, Napoléon fut d’une humeur parfaite durant toute notre conversation. Sa gaité, je dirai presque sa familiarité, me mirent a 1’aise au point de me faire oublier a plusieurs reprises cette respectueuse attention que c’était mon devoir et mon désir sincère de montrerau souverain déchu.L’intérêt qu’ilprenait amon récit m’excitant et m’empêchant d’être toujours sur mes gardes, je me surpris plus d’une fois a lui parler avec un degré de liberté qui me rendait ensuite confus. Mais lui, alors, m’encourageait a continuer sur le même

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